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Feux de forêt : pourquoi le risque incendie gagne tout le territoire français

À la mi-juillet 2026, la France affiche déjà un bilan national d’environ 25 000 hectares brûlés :  deux fois plus qu’à la même période en 2025. Le feu parti début juillet dans les Pyrénées-Orientales a parcouru près de 5 000 hectares en quatre jours ; dans la Drôme, 3 700 hectares sont partis en fumée en une semaine ; et depuis le 11 juillet, la forêt de Fontainebleau est elle aussi touchée, avec un foyer de 800 hectares ravagé en moins de douze heures et 400 pompiers mobilisés (Franceinfo, Green et Vert, La Presse). Le risque incendie n’est plus une problématique méditerranéenne : il devient un enjeu national. Forestry France accompagne propriétaires forestiers et collectivités pour anticiper ce nouveau contexte.


Un risque qui remonte vers le nord

Le phénomène n’est pas nouveau. Dès 2022, des feux de plus de 1 000 hectares avaient touché la Bretagne, ainsi que plusieurs centaines d’hectares dans les Vosges et le Jura, des régions jusque-là épargnées. En 2026, la tendance se confirme à l’échelle nationale : 52 départements sont désormais classés à risque élevé d’incendie de forêt dès le mois d’avril, soit près de la moitié du territoire, avec l’entrée de zones comme la Bretagne intérieure, le Perche, la Sologne ou les Ardennes dans les plans de prévention renforcés (Clima Progress).

La Météo des forêts
La Météo des forêts estime le danger de feux prévu à partir des conditions météorologiques.
Source : Météo des forêts

Sous l’effet de la hausse des températures, qui accentue l’évapotranspiration et assèche la végétation, le risque de feux de forêt progresse vers le nord, y compris dans des régions peu concernées jusqu’ici (Météo-France). Selon les projections officielles, à +2,7 °C de réchauffement d’ici 2050, le nombre de jours à risque incendie devrait doubler ; à +4 °C d’ici 2100, l’ensemble du territoire ferait face à un risque élevé, la moitié nord dans des proportions comparables au pourtour méditerranéen actuel (Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique).


Une réponse opérationnelle déjà bien rodée

Face à cette évolution, les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) ont adapté leur doctrine. La stratégie nationale repose sur l’attaque massive des feux naissants : mobilisation rapide des moyens aériens et terrestres pour neutraliser un départ de feu avant qu’il ne prenne de l’ampleur.

Cette organisation s’appuie sur une solidarité territoriale forte, avec des colonnes de renfort d’une centaine de sapeurs-pompiers qui peuvent être projetées d’un département à l’autre. Mais lors de journées à de nombreux départs de feu simultanés, cette mécanique atteint ses limites. La mobilisation de sapeurs-pompiers volontaires sur l’ensemble du territoire devient un enjeu de premier plan.

Adapter la forêt, pas seulement la combattre

La réponse opérationnelle ne suffit pas : c’est la gestion même des territoires et des peuplements forestiers qui doit évoluer. Deux leviers se dégagent.

  • Limiter les interfaces habitat-forêt : c’est aux points de contact entre zones habitées et espaces boisés que se déclenchent la majorité des feux, et que se concentrent les enjeux humains et matériels.
  • Diversifier les essences : une canopée uniforme, notamment de résineux à croissance rapide, constitue une réserve de combustible continue. La mixité des essences renforce la résilience des massifs face au feu.

L’exemple des Landes illustre la difficulté de cet enjeu. Le pin maritime, essence dominante, pousse vite sur des sols pauvres et présente une forme de résilience naturelle au feu, mais reste une essence facilement combustible. Diversifier les peuplements se heurte toutefois à la nature sableuse des sols de la région et aux contraintes économiques de la filière, ce qui limite en pratique l’introduction de nouvelles essences (CNPF, Franceinfo).


Le changement climatique n’est plus un scénario de prospective : il redessine, dès cette année, la carte du risque incendie en France. Anticiper, diversifier, adapter la gestion forestière sont désormais des priorités pour tous les territoires, bien au-delà du pourtour méditerranéen.

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L’expertise de Forestry France au service des territoires

Diagnostic du risque incendie, plan de gestion adapté au climat, choix des essences pour renforcer la résilience des peuplements : ces enjeux sont au cœur du métier de Forestry France. Nos experts accompagnent propriétaires forestiers, collectivités et entreprises dans l’anticipation du risque et l’adaptation de leurs parcelles face à des étés de plus en plus exposés.