Risque incendie en forêt, scolytes et sécheresse : comment anticiper et protéger votre patrimoine forestier

Sécheresses prolongées, prolifération des scolytes, incendies de plus en plus fréquents et intenses : les forêts françaises font face à des menaces sanitaires et climatiques sans précédent. Le risque incendie en forêt, concerne désormais l’ensemble du territoire. Face à ces risques, l’anticipation n’est plus une option, c’est une nécessité. Comment évaluer la vulnérabilité de votre forêt ? Quels signaux surveiller ? Quelles solutions existent aujourd’hui ? Forestry France fait le point.


Une forêt sous pression

Le changement climatique bouleverse profondément les équilibres forestiers français. Les épisodes de sécheresse à répétition affaiblissent les arbres, les rendant plus vulnérables aux attaques parasitaires. Le scolyte, ce petit coléoptère qui s’attaque principalement aux épicéas et aux sapins, prolifère avec les hivers moins rigoureux et les arbres affaiblis, et ravage des surfaces considérables en France depuis 2018. Selon le bilan officiel du Département de la Santé des Forêts (DSF), la crise avait déjà affecté plus de 60 000 hectares d’épicéas à fin 2022. À fin 2024, ce sont plus de 110 000 hectares de peuplements d’épicéas et de sapins qui ont été touchés depuis le début de la crise. En 2025 et 2026, la prolifération se poursuit dans les massifs alpins et jurassiens, avec un arrêté régional de lutte obligatoire signé en février 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes.

 Au-delà des seuls scolytes, le DSF estime qu’aujourd’hui 670 000 hectares de forêts françaises sont en état de dépérissement toutes causes confondues, sécheresses, maladies, parasites, soit 5% de la forêt hexagonale. Parallèlement, le risque incendie s’étend à tout le territoire. Des départements jusqu’ici peu touchés (Bretagne, Normandie, Bourgogne, Jura) sont désormais concernés. En 2022, 72 000 hectares ont brûlé en France (dont 58 000 ha de forêts, le reste en espaces naturels et cultures) pour plus de 19 700 départs de feux selon le ministère de l’Intérieur (soit cinq fois la moyenne des dix années précédentes). L’année la plus destructrice depuis le début des mesures satellitaires.

Ce qui a marqué les esprits n’est pas seulement le volume de surfaces détruites, mais la simultanéité des feux sur l’ensemble du territoire : 90 départements ont enregistré un événement significatif cette année-là, confirmant que le risque ne concerne plus uniquement le pourtour méditerranéen. Selon le GIEC, la sensibilité de tous types de végétation au feu sera amenée à s’accroître, corrélativement au risque accru de sécheresse et de hausse des températures en Europe.

Pour les propriétaires forestiers, la question n’est plus de savoir si leur forêt sera concernée, mais quand et comment s’y préparer.

Signaux d’alerte : scolytes, dépérissement et risque incendie en forêt

Un diagnostic précoce peut faire toute la différence. Voici les principaux indicateurs à surveiller sur votre propriété.

Attaques de scolytes

Les premiers signes sont souvent discrets : jaunissement ou rougissement du feuillage sur des arbres isolés, présence de sciure fine rouge-brun à la base des troncs, galeries visibles sous l’écorce. Une fois installé, le scolyte se propage rapidement aux arbres voisins — dans des conditions climatiques favorables, deux générations peuvent se succéder en une seule année. La détection précoce est donc essentielle pour limiter la propagation et organiser une récolte sanitaire dans de bonnes conditions économiques.

Dépérissement et stress hydrique

Des houppiers clairsemés, des feuilles plus petites que la normale, un jaunissement précoce en été : autant de signaux qui indiquent qu’un peuplement souffre et devient vulnérable. Un suivi régulier par un expert permet d’identifier les zones prioritaires d’intervention avant que la situation ne devienne critique.

Risque incendie

La composition de votre peuplement, son état sanitaire, la présence de broussailles et branches mortes au niveau du sol, la topographie et la proximité de voies d’accès pour les pompiers sont autant de facteurs qui déterminent le niveau de risque incendie de votre propriété. Une cartographie précise de ces éléments permet d’anticiper et de prioriser les interventions préventives.

L’innovation au service de la forêt

Forestry France coordonne depuis fin 2024 le projet européen IT4EST, incubateur d’innovations technologiques pour la gestion des risques forestiers, déployé dans 13 pays et financé par l’Union Européenne. Capteurs connectés, imagerie satellitaire, intelligence artificielle, systèmes d’alerte précoce : ces solutions, testées sur neuf zones pilotes à travers l’Europe, visent à donner aux forestiers et propriétaires des outils concrets pour détecter, gérer et restaurer les crises forestières avant qu’elles ne deviennent incontrôlables.

Ces innovations ne remplacent pas l’expertise de terrain, elles la renforcent. L’enjeu est de combiner la connaissance fine du massif, que seul un expert local peut apporter, avec la puissance des données à grande échelle.

Votre forêt est-elle bien préparée ?

Chaque forêt est unique. Sa vulnérabilité dépend de sa composition, de sa localisation, de son historique de gestion et de son environnement immédiat. Un diagnostic personnalisé est le point de départ indispensable pour identifier les risques spécifiques à votre propriété et définir un plan d’action adapté.

Les experts de Forestry France vous accompagnent dans cette démarche : diagnostic sanitaire, plan de gestion intégrant les enjeux climatiques, suivi des peuplements, coordination avec les services de l’État et les acteurs locaux.

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