Diagnostic arboricole : et si on intégrait les valeurs d’aménité ?

Par Forestry France | Pôle Arbre | septembre 2026

“Un arbre n’est pas seulement un sujet à sécuriser. C’est aussi un régulateur thermique, un habitat pour la faune, un repère paysager, un bioindicateur, une rareté botanique, un témoin de l’Histoire… Pourtant, les méthodes de diagnostic arboricole actuelles ne capturent pas ces dimensions.
Forestry France a choisi d’explorer cette lacune”.
Christian Riboulet

Valeurs d’aménité de l’arbre urbain : le diagnostic arboricole avait son angle mort, jusqu’ici

Selon une étude de l’ADEME, un arbre mature peut évapotranspirer jusqu’à 450 litres d’eau par jour, offrant un rafraîchissement naturel équivalent à cinq climatiseurs fonctionnant vingt heures consécutives. Selon l’Organisation des Nations Unies, un arbre bien positionné peut réduire de 30 % les besoins en climatisation d’un bâtiment et abaisser la température ambiante de 2 à 8°C.

Pourtant, les méthodes de diagnostic existantes (ARCHI, DIA, VTA, QTRA) se concentrent sur l’état sanitaire, mécanique et physiologique de l’arbre. Aucune n’intègre systématiquement ses valeurs d’aménité : l’ensemble des bénéfices non économiques qu’un arbre apporte à son environnement et aux habitants.


Une mission de recherche inédite menée par Forestry France

Cet été, Forestry France a mené une mission de recherche inédite : développer et expérimenter une méthode de diagnostic intégrant les valeurs d’aménité de l’arbre. Cette démarche a été pilotée par Yann Duflot, arboriste conseil chez Forestry France, avec la contribution de Ruben Imbaud, du Master Transitions Environnementales (Université de Toulouse, parcours TRENT).

La méthode proposée s’articule autour de huit dimensions évaluées pour chaque arbre, détaillées ci-dessous :


Une expérimentation concrète à l’hippodrome de Vichy

La méthode a été testée sur le site de l’hippodrome de Vichy (Bellerive-sur-Allier), où Forestry France était missionnée par la Société des Courses de Vichy Auvergne pour un diagnostic phytosanitaire et mécanique à la suite de la rupture d’un peuplier lors d’une tempête.

Sur ce site test, le croisement des deux diagnostics a confirmé l’intérêt de l’approche. Là où un diagnostic phytosanitaire classique s’arrête à l’état sanitaire et mécanique des sujets, le diagnostic des valeurs d’aménité fait remonter des dimensions que l’approche traditionnelle ne capture pas : le potentiel de biodiversité lié aux dendromicrohabitats, la remarquabilité paysagère de certains sujets centenaires, ou encore la présence du Gui (un hémiparasite qui affaiblit l’arbre à long terme, mais favorise la biodiversité locale).

Ce constat illustre précisément l’apport de la méthode : un arbre jugé prioritaire sur le plan sanitaire peut aussi porter une valeur écologique ou patrimoniale forte une information que les grilles de diagnostic classiques ne font pas apparaître. Croiser les deux regards permet aux gestionnaires d’arbitrer plus finement entre abattage, taille ou préservation renforcée.


Enrichir le diagnostic sans le remplacer

L’enjeu n’est pas de remplacer les diagnostics existants, mais de les enrichir d’une dimension jusqu’ici absente. Intégrer les valeurs d’aménité dans un rapport de diagnostic, c’est donner aux gestionnaires une vision plus complète de leur patrimoine, et de meilleures raisons d’agir pour le préserver.

Ce travail de recherche s’inscrit dans la démarche de Forestry France : développer de nouvelles approches au service d’une gestion durable, éclairée et intégrative du patrimoine arboré.


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